C'est une voix extrêmement lointaine que l'on
s'efforce, depuis des années, de percevoir. Et les plus grands et
perfectionnés radiotélescopes ne pourront rien y faire. Car
l'objectif est d'écouter la voix de nos ancêtres préhistoriques,
lorsqu'ils «papotaient» autour du feu il y a 6000 ans sur
notre continent. On n'en était évidemment déjà plus au stade des
grognements animaux. Mais aucune trace enregistrée ni écrite n'a
été laissée. Cette langue est donc plus que morte, elle s'est
volatilisée. Sur ce terrain de sables mouvants, des chercheurs
tendent l'oreille et déploient leurs neurones. Pas d'autre solution
pour essayer de savoir comment «vocalisaient» nos prédécesseurs.
La plupart des linguistes admettent que les langues
indo-européennes modernes descendent toutes d'une langue ancêtre
commune. Elle est appelée proto-indo-européen et était parlée il
y a entre 6000 et 4000 ans par les hommes préhistoriques qui,
pendant cette période, continuèrent de coloniser progressivement
les steppes de l'Eurasie de l'ouest à l'est. Toutefois, des
divergences importantes subsistent entre spécialistes sur la
question des origines géographiques et le calendrier exact des
faits.